"LES ORIENTALES" D’YVES LE JONCOUR
  • "LES ORIENTALES"
    D’YVES LE JONCOUR

  • EXPOSITION DE PEINTURES
  • DU 3 AU 29 AVRIL

  • HALL GLENMOR

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  • Exposition à découvrir du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 18h, ainsi que les soirs de spectacles.

    Les peintures exposées traduisent l'intérêt porté à la culture traditionnelle chinoise, en particulier celles des minorités ethniques qui ont jusqu'à présent préservé leur identité, et cela surtout grâce à l'action des femmes pendant les épreuves de la Révolution maoïste.

    Traditionnellement, les femmes recrutées à la Cour impériale géraient les activités de théâtre chanté, de danse et de musique instrumentale. De même dans les cours des provinces et districts régionaux.

    La République Populaire a perpétué ces dispositions en créant des brigades féminines servant à valoriser la Révolution paysanne, en association avec l'Armée Populaire de Libération.

    La jeunesse embrigadée dans ces troupes d'opéras populaires, de chant, de danse a ainsi remanié et diffusé les particularismes locaux, sauvegardant la culture des minorités.

    Sur les 56 minorités ethniques que compte la Chine, le Yunnan en abrite 25, des marches tibétaines aux zones subtropicales frontalières du Laos, du Vietnam et du Myanmar, en passant par les hauts plateaux de moyenne montagne.

    On y découvre une Chine aux deux visages, ultra-moderne dans les "petites villes", et d'une ruralité aux solidarités paysannes et à la structure familiale inchangées dans les villages des districts provinciaux. Si la grand-mère y détient encore une autorité incontestée sur son clan, les comités locaux d'organisation des femmes et les comités de quartier qui élisent les représentantes locales affiliées au Parti communiste, se calquent sur "le mandat du Ciel" confié autrefois à l'empereur, aujourd'hui au PCC, autorités morales acceptées jusqu'à leur défaillance justifiant le retrait de ce mandat. C’est l’héritage confucéen transformé par l’émancipation et l’égalité accordées aux femmes par la République Populaire.

    De là l'intérêt dans ces peintures pour ces figures emblématiques des gardiennes de la tradition et de la révolution que représentent ces femmes des minorités ethniques Yi, Hani, Bai, Naxi ou tibétaines rencontrées lors d'un séjour en Chine du Sud-Ouest en 2014.

    Et de même que nos instruments de musique traditionnels adaptent leurs registres à la nouveauté, de même le pipa, l'erhu, le guzheng, le yangqin, le hulusi, le dizi accompagnent aujourd'hui les formations instrumentales issues des minorités, éléments représentatifs d'un lien social encore présent et actif dans un monde rural en pleine transformation.

    Le karaoké importé du Japon maintient l’art du chant et introduit la cybernétique dans les villes et villages les plus reculés, que ce soit dans des salles, sur des scènes extérieures ou sur des smartphones. Et même si les stars virtuelles holographiques nipponnes créées par informatique se produisant sur scène ne sont pas encore matérialisées sous forme de robots animés, le programme est dans les cartons des roboticiens. En attendant, modernité et tradition se côtoient et s’enrichissent mutuellement.

    Yves Le Joncour

  • Tarifs
    Visites libres et gratuites